02.07.2009
Tristan Bernard le « Pédestrian » de Hendaye-Plage
Tristan Bernard
(1866-1947), de son vrai prénom Paul Bernard, fut directeur d’une usine d’aluminium
avant de se faire inscrire au barreau de Paris. S’il plaida peu, il débuta en
revanche dans les lettres à la Revue Blanche (1891). Auteur dramatique et
romancier, il faisait mouvoir avec un humour pince-sans-rire très particulier,
des personnages un peu grotesques qu’il considérait avec calme comme les
représentants de l’humanité. (Tristan Bernard était le beau-frère de Paul
Strauss - Ronchamp 1852 Hendaye-Plage 1942 - qui avait été nommé au Conseil de
Surveillance du Sanatorium de Hendaye-Plage dès la fin du XIXe
siècle, puis élu vice-président du Sénat et devint ministre de l’Hygiène. Il
résidait à Ondarraitz dans sa villa
«Agur»). Tristan Bernard passait ses vacances à Hendaye-Plage. Il n’était pas
rare de le voir s’entretenir avec Georges Courteline (1860-1929), au café de la
Côte Basque, chez Bellocq. Tristan Bernard, à la fin des années 1920, a brossé
une charmante description de la Plage où il incarne le rôle du promeneur, le
«pédestrian», tout en rendant hommage à Loti et à Courteline.
«Ce qui me plaît particulièrement dans ce bord
de plage d’Hendaye, c’est que la mer est à la fois magnifique et discrète. Elle
ne vous en met pas plein la vue. Elle ne
vous accable pas avec cette immensité dont certains rivages nous offrent
l’aspect désespérant. Sur la gauche et très avant dans le paysage, on contemple
la rive espagnole. La terre ferme, la bonne terre ferme ne se fait pas oublier.
L’impression, la bonne impression soulageante qu’éprouve le navigateur en
apercevant la terre, on l’a constamment sur le rivage d’Hendaye. De même que je
n’aime pas les horizons illimités, je n’ai pas de goût non plus pour les
promenades sans borne. Il est long, ce bord de plage d’Hendaye, et il suffit
largement au modeste pédestrian que je suis.
Côté ouest, le cap Figuier vient graduellement plonger dans la mer Cantabrique.
Que de fois depuis des
années j’ai parcouru à pas lents aux côtés de Paul Strauss, ce beau rivage
hendayais. Deux grands écrivains au cours de ces cinquante dernières années ont
illustré ce pays. Leur image invisible y est toujours présente et il semble que
l’on va rencontrer à chaque coin de rue les personnages si divers qu’ils ont
créés. Les classificateurs de lettres les placent dans des genres différents.
Avec Pierre Loti on s’évade vers l’infini. Ceux même qu’effraie l’immensité le
suivent avec ardeur, soit dans l’extrême Orient, soit sur la terre d’Islande.
J’ai déjà dit que j’étais très attaché à la terre ferme, mais en compagnie de
Loti, je m’en vais n’importe où...

Côté est, les falaises de la pointe
Sainte-Anne interrompent la perspective maritime.
Tristan Bernard
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Commentaires
Je trouve superbe que des gens comme vous retracent l'histoire d'Hendaye. Vraiment un sacré travail. Bravo !
Cordialement
Ecrit par : Domi | 03.07.2009
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